Une fable parmi d’autres !!
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Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait absolument fortuite
A voir !!
LE COQ QUI VOULAIT REGENTER LA FERME
Un petit coq arrogant
Despote d’une basse-cour
Se piqua un beau jour
De faire partie des grands
Imposant ses lubies
Aux bêtes du pays.
De rhétorique il se passa
Et ce discours il répéta :
« Les choses ne vont point, il faut y mettre un terme,
Je vais donc réformer ce qu’il faut dans la ferme ! »
Sa pensée, songe-creux,
Ne valait pas deux œufs.
Le voilà en campagne,
A chacun il s’adresse, use d’arguties,
Personne ne le chicane
On croit tout ce qu’il dit.
Des ambitieux à quatre pattes
Voyant leur fortune faite,
Obséquieux le flattent
En souverain le traitent.
Dès lors le volatile
S’attache les plus serviles.
C’est un chien malfaisant pour garder les enclos
Une bique revêche juge des animaux,
Le plus menteur des ânes pour dresser le jeune âge
Quelques méchantes bêtes complètent l’aréopage.
Les voilà engagés dans leur triste besogne
Le détail ne vaut point d’en être ici conté
En serviteurs zélés ils font fi de la grogne
Pour le plus grand malheur de cette société.
Notre coq satisfait se sent pousser des ailes
Il se met à rêver d’une gloire immortelle,
Déjà en l’Olympe s’imagine siéger
Ne disposant pour l’heure que d’un perchoir crotté.
Il arriva qu’à l’hiver
Tout alla de travers :
La gent sauvagine
Ne pouvant sur la ferme prélever sa dîme
Affamée déclina,
Et le fermier jamais plus ne chassa.
Le lait se fit rare, la viande s’aigrît,
De la morosité tout cela fut le fruit,
Nombeux furent les œufs qui manquaient à l’appel
Et le fermier fêta un bien triste Noël.
Le bonhomme s’en ému, et sans être grand clerc
Démêla les intrigues du petit Chantecler.
Nul besoin d’être devin
Cela finit en coq au vin !
Voilà ce qui arrive plus souvent qu’on ne croit
Aux petits intrigants se prenant pour des rois.


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